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Logan

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J'ai enfin vu le film avec beaucoup, beaucoup de retard. J'en connaissais déjà la trame globale mais je n'ai pas l'impression que cela ait gâché mon plaisir.

En 2029, tous les mutants ont disparus. Ne reste plus qu'un vieux Logan alcoolique qui joue au chauffeur de limousine tout en gardant un oeil sur le professeur Xavier avec l'aide de Caliban dans un repère à la frontière mexicaine. Xavier souffre d'alzheimer et perd fréquement le contrôle de ses pouvoirs psychiques, Logan tombe quasiment en morceaux avec un don de cicatrisation qui l'abdandonne et l'adamantium qui l'empoissonne. Ils croisent le chemin de la jeune Laura, une mutante nouvelle génération qui possède elle aussi des griffes d'adamantium. Elle est poursuivie par les reavers, mercenaires cyborgs responsables de l'extermination des mutants. Ils se lancent tous les trois sur les routes à la fois pour échapper aux poursuivants de Laura mais aussi pour se rendre dans le Nord Dakota où cette nouvelle génération de mutants pourrait être en sécurité.

La narration est fluide, agréable, quasiment aucun temps mort ou inutile. L'image est soignée — j'aimerai bien voir la version Noir et Blanc qui pourrait accentuer encore cette ambiance crépusculaire qui baigne tout le film. Sur la forme, le film tient très bien la route même s'il n'y a pas vraiment de plan mémorable.

On sent évidemment — dés la première scène — le film testament concluant l'histoire d'un personnage qui a été pour ceuses de ma génération l'un de leurs héros de bédé préféré. Et après deux films solo moyen (le second) voir médiocre (le premier), voilà enfin un cinéma qui rend justice à l'amour qu'on a porté aux récits des X-men publiés en France dans les années 80-90. Il parait que l'histoire serait inspiré de old Man Logan ; je ne vois pas où est l'inspiration de cette bédé que je trouve beaucoup surcôté, à part le fait que Logan soit vieux et que ce soit aussi un road trip. Je vois par contre tout ce que Days of Future Past ou Weapon X — pour ne citer que les oeuvres les plus évidentes et connues — ont semées comme graines pour aboutir à ce film ; je ne parlerai pas de X-23 / Laura qui est apparue longtemps après que j'ai arrêté de lire les comics Marvel. Cette filiation se retrouve dans les remerciements à la fin du générique dédiés au scénaristes et dessinateurs qui ont travaillé aux destinées du personnages : Roy Thomas, Len Wein, John Romita Sr, Marjorie Liu, Craig Kyle, Chris Claremont, Marc Silvestri, John Byrne et Dave Cockrum. Ça fait très plaisir !

Le film est violent mais jamais gratuitement. Il fait avant tout la part belle aux personnages : Patrick Steward et Hugh Jackman incarnent à merveille leurs personnages vieillissant, la jeune Dafne Keen est plutôt crédible en X-23 et tout le reste du casting tient vraiment bien la route. On oubliera le personnage du docteur Zander Rice, archétype du savant fou un peu trop simpliste.

L'histoire en elle même reste classique mais comme évoqué plus haut, ce n'est pas le plus important. On note que le film aborde très fugacement le thème du contrôle des surhommes par le pouvoir politique ou économique à l'instar de Wathcmen ou Dark Night's Return. Si des mutations aléatoires conféraient aux humains des dons extraoridnaires, il est évident que des expérimentations tout azimuth auraient lieu afin de contrôler le phénomène. L'adamantium de Wolverine en a été le prémice ; l'existence de Laura, de tout les autres enfants et du clone de Logan en sont l'aboutissement. On aurait aimé en voir / savoir un peu plus là-dessus, tout comme l'extermination de l'ancienne génération de mutants par les reavers, sur le rôle joué par Charles Xavier mais ce n'était pas le but du film.

Enfin, quelque regrets :

  • La mort du professeur Xavier aurait mérité un tout petit quelque chose en plus (mais honnêtement je ne sais pas quoi).
  • Idem pour celle de Logan.
  • Des dialogues parfois un peu faiblards.