Revoir et relire 2

Suite de ma reflexion sur ce qui me fait considérer une oeuvre, bédé, roman ou série télé comme réussit, cette fois-ci centrée sur les dernières séries télés visionnées.

J'ai pas mal « binge-watché » cet été en lieu et place de mes lectures bédés. Abonné à des services de streaming, enregistrant souvent le flux, j'ai fini par me demander s'il était vraiment utile d'enregistrer, savoir non pas si les épisodes seraient toujours disponibles quand je voudrais les revoir (OCS retire assez rapidement séries ou films de son catalogue) mais bien si j'aurai envie de les revoir. Qu'est-ce qui fait donc qu'on a envie de revoir une série ? Pas uniquement les diverses qualités quantifiables « objectivement ».

La réflexion a commencé ce printemps avec Westworld saison 2 et The Expanse saison 3 vu à peu près au même moment. Techniquement (décor, cadrage, plans, etc.), narrativement (histoire, dialogues, etc.), Westworld est au-dessus de The Expanse. On pourrait donc affirmé sans trop se voir contredire que « Westworld est une meilleure série que The Expanse ». Pourtant, je préfère revoir les épisodes de cette dernière plutôt que la série de HBO. Westworld est souvent ennuyeuse et, une fois qu'on connait la fin de la saison, il est difficile de s'infliger de nouveau la lenteur et la narration alambiquée des épisodes (c'est plus supportable lors du premier visionnage parce qu'on essaye de comprendre ce qui se passe). The Expanse est plus simple, plus fluide et, même si la aussi on découvre en fin de saison ce qui a occupé une bonne partie de l'histoire, ça n'enlève rien au plaisir du visionnage. Ici, la possibilité de revoir ne vient pas de la qualité de ce qu'on raconte mais bien à la manière dont on le fait.

J'ai aussi eu le même type de réflexion avec la quatrième saison de Orange is the new black : magnifique mais dure, très dure, ce qui ne me donne pas forcément envie de la revoir alors que les personnages sont très attachants. Idem pour The Handmaid's tale : deux saisons réussies mais un propos extrêmement prenant et malsain ; ici s'ajoute tout de même une certaine antipathie pour la plupart des personnages, y-compris le personnage principal. J'avais eu un sentiment comparable avec The leftovers (pour la dureté des propos, pas l'antipathie des personnages) : je n'ai pas eu le courage de revoir les deux premières saisons mais j'ai revisionné la saison 3 aussitôt terminée. On en revient donc toujours au même principe que pour la lecture de romans : au-delà de la qualité intrinsèque de l'oeuvre, il s'agit de savoir si l'on souhaite vraiment revivre les émotions ressenties lors du premier visionnage.

D'autres non revisionnages sont plus cohérents avec cette qualité intrinsèque : je revoie avec plaisir les cinq premières saisons de The Walking Dead en intégralité ou presque mais je n'ai encore revu qu'un ou deux épisodes des deux dernières saisons de la série (7 et 8). J'ai revu les deux premières saison de Daredevil mais je ne regardais sans doute pas une seconde fois la première saison de The Defenders.