Mandriva, Ubuntu et Assemblée Nationale

La nouvelle est tombée au début du mois : à la prochaine rentrée parlementaire (juin 2007), nos chers députés et leurs adjoints auront l’insigne privilège de travailler sur des ordinateurs équipés d’un système d’exploitation Linux, plus précisément une distribution Ubuntu. Toute la « communauté du libre » s’est bien évidemment réjouie de cette annonce qui, après quelques autres, témoigne de la percée des systèmes d’exploitation libres dans un milieu plus large que celui des « utilisateurs avertis ».

Dire que toute la communauté s’est félicitée serait cependant oublier une chose : nous ne parlons pas ici uniquement de diffusion et d’utilisation de logiciel libre mais aussi (et surtout ?) d’économie et de marché. Et le bonheur des uns (les sociétés Linagora et Unilog chargées de déployer les nouveaux postes de travail) contraste avec la déception des autres (les sociétés ayant répondu à l’appel d’offre du Parlement mais dont le projet n’a pas été retenu). D’où une lettre ouverte publiée par François Bancilhon, PDG de Mandriva et reproduite ci-dessous.

La plupart des observateurs ont remarqué depuis quelques mois/années que l’extraordinaire développement d’Ubuntu sur un « segment de marché » particulier - linux pour le grand public - s’est sans doute fait en partie au détriment de la distribution qui, jusque là, occupait le terrain : Mandriva. Pourquoi ? Chacun trouvera ses propres (contre-)arguments mais il nous est cependant apparu intéressant de reproduire cette lettre ouverte car elle appelle des réflexions plus générales sur l’avenir du logiciel libre(1) :

  • Sur quel pied danser lorsque des distributions linux « concurrentes » ne partent pas « à armes égales » (il est toujours utile d’avoir un millionnaire bienfaiteur avec soit :-) ?
  • Quid de la politique de développement de Mandriva qui semble connaitre quelques ratés ? (2)
  • Assisterons-nous, avec la montée en puissance d’Ubuntu (30% de part du marché mondial actuellement) à la formation d’un monopole, côté Linux cette fois-ci ? (3)
  • Plus généralement, quel modèle économique pour une implantation pérenne du logiciel libre ?

Evitons les trolls velus et ouvrons ici un modeste espace de débat sur le sujet.

A lire :

Titre
Lettre ouverte aux députés de l’Assemblée Nationale
Auteurs
  • François BANCILHON
Éditeur
Framasoft
Date