Découverte d'une planète extra-solaire d'à peine 5 masses terrestres !

L'embargo est levé, alors nous pouvons en parler : une équipe internationale d'astronomes vient de découvrir une planète extra-solaire d'à peine 5,5 masses terrestres. La quête des planètes telluriques hors de notre système solaire est ouverte !

Cette découverte est importante car même si nous connaissons aujourd'hui plus de 150 exoplanètes, aucune jusqu'à présent ne ressemblait autant - par sa taille estimée - à la Terre. Cette nouvelle planète, OGLE-2005-BGL-390Lb, orbitant autour d'une étoile située à 20 000 al, a en effet une masse à peine 5 fois supérieure à celle de la Terre.

Mais ne rêvons pas : s'il s'agit bien d'une planète « solide » (contrairement à toutes les autres planètes découvertes, des « géantes gazeuses » type Jupiter ou Neptune), elle se trouve à près de 3 ua de son étoile, 5 fois moins massives que le Soleil ; sa température de surface doit avoisiner les -220 °C. Dans ces conditions, il n'est pas raisonnable d'envisager qu'elle puisse abriter une quelconque forme de vie.

La découverte restera cependant dans l'histoire, car elle est tout aussi importante par la technique d'observation dont elle résulte.

Plusieurs méthodes existent pour détecter les planètes hors de notre système solaire, comme de mesurer les perturbations quelles provoquent sur la position de leur étoile dans le ciel ou sur sa vitesse. Ici, c'est un phénomène de micro-lentille gravitationnelle qui a été observé. Qu'est-ce donc que ce phénomène ?

Les objets suffisamment massifs sont capables de courber, par l'attraction gravitationnelle qu'ils exercent, l'espace qui les entoure, et donc de dévier la trajectoire de tout corps ou onde électromagnétique. Donc, si un astre possédant une force d'attraction suffisante passe entre nous et une étoile plus lointaine, alors la lumière de cette étoile sera déviée. L'effet obtenu, une « lentille gravitationnelle », se traduit généralement par un flash de lumière qui dure de un mois si l'objet perturbateur est une étoile à quelques jours voir quelques heures s'il s'agit d'une planète. Comme le flash de lumière généré par le passage d'une planète est plus faible que celui engendré par le transit d'une étoile, on parle de « micro-lentille » gravitationnelle.

Et c'est ce qui a été observé le 11 juillet dernier par l'équipe de recherche du OGLE, puis confirmé grâce au PLANET, un réseau de télescopes à travers le monde chargés de surveiller ce type d'événements.

De part la rareté du phénomène et sa faible amplitude, on comprend aussi la joie des scientifiques devant une telle observation. Car cela peut signifier que les planètes telluriques, semblables à la Terre, doivent être abondantes dans la Galaxie, sans doute plus que leurs cousines gazeuses.

Oui, il y a de nombreuses raisons de se réjouir de cette découverte :

  • Parce qu'elle marque le succès d'une technique de détection prometteuse, qui s'ajoute à un arsenal déjà conséquent et assure ainsi une traque toujours plus efficace des exoplanètes.
  • Parce qu'elle témoigne aussi de l'extraordinaire esprit de collaboration et de partage des informations entre scientifiques d'une dizaine de pays différents. Il n'y a malheureusement plus que dans des disciplines comme l'astronomie, aux impératifs marchands dérisoires et ou l'idéologie n'a que peu de place, que l'on peut voir de tels comportements.
  • Enfin parce qu'elle annonce d'autres découvertes de ce type et peut-être, bientôt, celle du Saint-Graal planétologique : une véritable soeur de la Terre, ailleurs dans l'univers.

Je pense que la majorité d'entre nous sera encore de ce monde lorsqu'une telle révolution culturelle s'abattra sur nos frêles certitudes. Ce jour méritera d'être vécu.

Références :