Sarkozy et les banlieues

J'aurai pu en parler plus tôt vu que je viens de cette « banlieue » et que j'y habite toujours ; vu que je connais bien la ville où ce cher ministre de l'intérieur s'est fait conspué par une bande de « racailles » à 11 heures du soir. Mais face au déluge de paroles et de conneries en tout genre déblatérées à longueur de journal télévisé ou de forums web, d'un côté comme de l'autre, il était inutile de rajouter le vacarme au bruit.

Quelques réflexions en vrac cependant, même si elles ne seront pas d'une grande originalité :

  • Rien ne justifie le saccage d'écoles ou de crèches, la destruction des bagnoles d'un ouvrier, d'une femme de ménage ou d'un modeste employé.
  • Que la « gauche caviar », minoritaire pendant des années mais qui a maintenant sclérosé la majeur partie du parti socialiste, ferme sa gueule et n'essaye pas de comprendre une situation qui lui a échappé, justement parce qu'elle n'a jamais vécu ce que nous vivons - avons vécu - en « banlieue ».
  • Que ces incultes puant d'orgueil de droite en fassent autant. Qu'un ministre de la République se targue de « parler vrai » en réduisant le discours politique à de simples invectives binaires et primitives, voilà qui témoigne de la belle santé de notre Démocratie.
  • L'important n'est pas tant les mots prononcés que celui qui les prononce. C'est comme pour les blagues racistes sur les portugais : je rigole ou pas en fonction de celui qui les dit.
  • C'est un triste constat, mais je ne vois actuellement aucun représentant politique qui puisse nous sortir de cette merde dans laquelle nous pataugeons depuis des années. Les seules paroles audibles à peu près censées vinrent de Cool Shen, Kassovitz, Djamel Bensalah, ... ; des artistes. « Voter donc » qu'ils disaient. Tssss...

Et pour ajouter au pessimisme ambiant :

L'Histoire se répète t-elle ? Oui. Elle l'a toujours fait. L'envie de Pouvoir et l'égocentrisme de ceux qui pensent détenir une vérité ont TOUJOURS créé des dictateurs. Nicolas SARKOZY est certainement un petit Napoléon, je ne sais pas s'il a le potentiel d'un grand, mais il sera impossible demain de dire que nous n'étions pas au courant.

Matthieu Kassovitz, « La France d'en bas... », MatthieuKassovitz.com, 07 novembre 2005.