Retour dans l'espace raté ?

Finalement, et après un premier report, la navette Discovery s'est arrachée à l'attraction terrestre ce 26 juillet 2005. Après les premières congratulations, les techniciens de la NASA se demande maintenant s'ils vont pouvoir ramener l'équipage sur Terre.

Navette Discovery

La navette spatiale Discovery sur le pas de tir, le 26 juillet 2005. © NASA.

La mission, prévue à l'origine pour le 13 juillet et baptisée « Return to flight » comme il se doit, devait redorer le blason de l'agence spatiale américaine, mis à mal depuis l'explosion de Columbia le 16 janvier 2003. Il y a bien sur eu le succès de la campagne martienne, et plus récemment le coup de maître de Deep Impact, mais tout cela ne vaut pas de fiers héros embarquant courageusement à bord d'une poudrière ambulante, la bannière étoilée affectueusement cousue sur l'épaule de leur combinaison.

Car la navette est bien plus qu'un simple véhicule spatial : c'est la fierté de tout un peuple, le jouet grandeur nature du complexe aéronautique national. Après le 11 septembre, le bourbier irakien et - côté spatial - le succès d'Ariane 5, il fallait bien cela pour remonter un peu le moral.

La première partie du vol de Discovery, à savoir la mise en orbite, fut donc une réussite. L'arrimage à la Station Spatiale Internationale aussi. Mais il semble que la navette ait souffert du même problème qui causa l'explosion de Columbia lors de sa rentrée dans l'atmosphère : un morceau de mousse protectrice s'est détachée du réservoir central et a pu endommager les tuiles de protection du véhicule.

Les 7 membres d'équipage devront s'assurer de l'intégrité de la coque dans les jours qui viennent, mais une hypothèse dés plus amusante est déjà envisagée. Si Discovery n'est pas en état de ramener les astronautes à bon port, les Américains devront faire appel aux Russes.

L'aéronautique russe a beau avoir du plomb dans l'aile depuis l'effondrement de l'U.R.S.S, on n'a toujours pas fait mieux que ce vieux tacot de l'espace qu'est le vaisseau Soyouz pour emmener des hommes en orbite autour de la Terre - et les ramener. Depuis l'arrêt du programme de la navette, c'était des tirs de Soyouz qui permettaient de ravitailler la Station Spatiale Internationale.

Finalement, le retour de la NASA dans l'espace montre à quel point la dépendance à celui qui détient seul une technologie particulière peut être préjudiciable pour le progrès de la science. Ceux qui y verront un parallèle avec le monde de l'informatique n'auront pas tort.

Dés lors, quel sera le futur de la Station Spatiale Internationale (dont on a que rarement entendu parlé ces 2 dernières années alors que 2 hommes y vivaient en permanence) si les Etats-Unis abandonnent le programme de la navette spatiale ? Comment envisager des programmes plus ambitieux (l'homme sur la lune ou sur Mars) sans les Américains ? Beaucoup ne manqueront pas de ramener une énième fois sur la table la question de l'utilité même des vols habités, et on peut regretter - aujourd'hui plus que jamais - que l'Europe de l'ESA ait abandonné le projet Hermes...

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