Le succès percutant de Deep Impact

Réussite totale pour la mission Deep Impact : ce matin, à 0552 utc (07h52 en France), l'impacteur de la sonde a percuté la comète Tempel-1 à près de 10 km/s. 5 minutes plus tard, le centre de contrôle de la NASA recevait la première image du choc transmise par les caméras de la sonde.

Lancée en janvier 2005, la sonde emportait avec elle nombre d'instruments de mesure. Mais il y avait surtout à son bord ce fameux « impacteur », une masse de 370 kg destinée à s'écraser sur la comète. Enfin, pas un simple poids mort puisqu'il disposait de capteurs et de petits moteurs pour corriger sa trajectoire. Ce qui lui a permit d'accomplir sa tâche avec succès une fois largué à 880 000 km de sa cible, 24 heures plus tôt.

Reste maintenant à analyser les résultats d'une telle prouesse technique, à observer la forme et la taille du cratère formé, à récupérer des données sur la composition des matériaux éjectés, etc. C'est la partie la plus importante de la mission, scientifiquement parlant, mais qui ne fera sans doute plus la une des journaux.

Vue artistique de Deep Impact

Vue artistique de la sonde Deep Impact et de la comète Tempel-1. Par Pat Rawlings. © NASA/JPL/UMD.

Car dans les médias de masse et - avouons le aussi - parmi les responsables de la NASA, on parle plus du côté « hollywoodien » de l'expérience que de son intérêt scientifique. On pourrait considérer cela comme un nouvel exemple de « science spectacle ». On devrait même s'attendre à voir des critiques cinéma en mal d'anecdotique demander son avis à Bruce Willis, pourfendeur d'astéroïde dans l'ennuyeux Armaggedon.

Ne soyons cependant pas trop cynique : l'approche marketing de la NASA peut parfois être pénible, mais à une époque où les budgets sont continuellement rognés, la ferveur médiatique et populaire ne peut que faciliter le travail de certains dans leur perpétuelle quête de financements.

Les retombées médiatiques d'une mission au « tarif économique » (330 millions de dollars) ne sont au final pas uniquement négatives. Et les chercheurs y gagnent au change puisque les données qui seront recueillies par la sonde ne sont pas négligeables.

Depuis la rencontre entre la sonde Giotto et la comète de Halley en 1986, les planétologues n'avaient pas eu grand chose à se mettre sous la dent. Il y a bien eu le projet stardust en début d'année 2004 qui permit de récupérer des poussières émises par la comète Wild-2, mais le retour des échantillons sur Terre fût un échec. Les mesures télémétriques de Deep Impact nous apporterons donc de précieuses informations (1) sur ces « vagabonds » de l'espace que sont les comètes et (2) sur les origines et la formation de notre système solaire.

Ce qui m'amène par ailleurs à « prendre à la gorge » une approximation qui a de nouveau heurté mes frêles conduits auditifs au détour d'un journal télévisé: Deep impact nous en dirait un peu plus sur l'histoire des corps célestes parce que « les comètes seraient les plus vieux corps du système solaire »(1).

Non! Les comètes ne sont pas plus vieilles que les planètes, les satellites naturels ou les astéroïdes, du moins pas de façon significative. Tous les corps qui gravitent autour de notre étoile se sont formés approximativement au même moment, en quelques dizaines-centaines de MA, à la périphérie du nuage de gaz primordial qui se condensait en son centre pour former le Soleil, il y a environ 4,55 milliards d'années.

Le fait est que se sont des objets relativement inertes et que leur petite taille leur a permis d'échapper à la principale source de modification des corps au cours du temps : l'activité géologique interne. Sans activité géologique, pas de transformation (importante) de la roche en profondeur. Voilà pourquoi on considère les comètes ou les astéroïdes comme les « archives » du système solaire : leurs entrailles ont gardé une composition chimique proche de celle qui existait lors de leur formation.

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