Podemos à Madrid et à barcelone

La question de la dette, qui justifiait la destruction des vies de tous, s'est posée d'une façon plus directe qu'ailleurs, aussi les gens qui vivent en Espagne sont moins convaincus que nous que la voisine voilée soit leur problème numéro un. Car cette voisine ne leur a pas envoyé les huissiers pour les expulser, sans leur laisser la moindre chance de sauver leur logement, pas plus qu'elle n'a ordonné à la police de défoncer les manifestants, et ce n'est toujours pas la voisine voilée qu'on a chopée, la main dans la caisse de l'argent de l'Etat, dans toutes les municipalités gérées par des partis traditionnels. Alors, en Espagne, contrairement à ce qui se passe ici, les gens ont eu envie de se mobiliser contre ceux qui les asphyxient, pas contre ceux que la presse a désignés comme leur ennemi numéro un.

Titre
Espagne : Virginie Despentes raconte la révolution sans fard
Auteurs
  • Virginie DESPENTES
Éditeur
Les Inrocks
Date