Les voyageurs malgré eux

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Français
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560
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Les voyageurs malgré eux
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Résumé

(4e) Dans une Nord-Amérique différente de la nôtre, il ne reste que trois zones francophones : la Louisiane, l'Enclave de Montréal et le mythique Royaume des Sags.

Prise dans l'engrenage hallucinant d'une réalité qui correspond de moins en moins à ses souvenirs, Catherine Rhymer, une jeune Franco-Québécoise, tente de comprendre pourquoi tout se déglingue autour d'elle.

Associée bien malgré elle à un groupe révolutionnaire, Catherine doit fuir l'Enclave. Au bout d'un voyage mouvementé qui comportera un arrêt à Quebec-City, elle aboutira chez les Sags et découvrira cet incroyable royaume francophone fermé sur lui-même. Mais, plus étrange encore, il y a ce qui se passe au-delà, dans le Grand Nord. Cette fois, la réalité de Catherine basculera pour de bon...

Les Voyageurs malgré eux, c'est un fascinant voyage dans un univers parallèle qui, de par sa différence, offre un éclairage nouveau sur notre propre réalité de francophones d'Amérique. Pas étonnant que ce roman ait été finaliste en 1995 au prix Philip K. Dick, le maître des réalités truquées !

Commentaires

En commençant la lecture du roman, on pourrait croire que nous entrons dans un récit uchronique dés plus classique. Au détour de certaines conversations ou réflexions, on découvre que la Seconde Guerre mondiale s'est terminée en 1952, que la colonisation du Canada s'est passé bien différemment, que le Québec qui se dessine en filigrane ressemble dramatiquement à un état policier, que la Louisiane est (encore) une enclave francophone, … Bref, une exposition attendue dans ce genre de récit. Sauf que Elisabeth Vonarburg préfère raconter des histoires plutôt que l'Histoire, donc s'attacher à décortiquer la vie de ses personnages plutôt que les grandes manoeuvres géopolitiques (même si elle l'a déjà fait dans Tyranaël) ; et puis parce que nous sommes dans l'univers du Pont découvert dans le recueil Le jeu des coquilles de Nautilus, cet étrange technologie qui, en plongeant le corps d'un(e) voyageur(euse) à une température proche du zéro absolu, lui permet de se transporter sur des mondes alternatifs, des Terres parallèles.

Le lecteur ne s'en rend pas tout de suite compte ; ce n'est qu'en découvrant certains rêves du personnage principal, Catherine, que nous pressentons les choses sans pourtant en être totalement sûr car il y a tout de même beaucoup de mystères : le pont n'existe que dans les rêves de Catherine qui souffre par ailleurs de trous de mémoires ; et puis il y a toutes ces « visions » qui apparaissent de-ci de-là dans la ville ; et les incohérences dans les livres d'histoire, incohérences entre les livres mais aussi avec les souvenirs de la jeune femme. Mais est-ce que se sont vraiment des souvenirs ? Et qu'est-ce qui provoque les visions ?

C'est en essayant de déchiffrer tous ces mystères que Catherine se retrouve mêlée aux tensions politiques et religieuses entre le sud (Montreal) et le royaume des Sags dans le nord ; un nord mystique protégé par un étrange mur invisible et vers lequel elle s'embarque dans un périple dangereux mais au terme duquel elle trouvera les réponses à ses questions, et le lecteur aussi par la même occasion.

Les 4/5e du roman sont une pure merveille : avec la finesse et la sensibilité qui la caractérise, Elisabeth Vonarburg tisse une tapisserie de personnages attachants. Elle maintient par ailleurs le suspense de bout en bout et aiguise constamment la curiosité du lecteur qui à hâte de poursuivre la lecture pour comprendre ce qui se passe dans ce monde paradoxal. Car si l'on devine le pourquoi du comment de certaines choses — en supposant qu'on ait lu Le jeu des coquilles de Nautilus — il y en a beaucoup d'autres qui restent énigmatiques jusqu'au dénouement final. Et c'est là, dans la dernière centaine de page, que le roman déçoit (très) légèrement ; le Deus Ex Machina qui apporte la solution rappelle à certains égards ce qu'on trouve dans Darwinia par exemple. Mais cette déception est vraiment anecdotique et on referme le roman heureux d'avoir accompagné Catherine et ses compagnons dans leur voyage.

Rui Nibau, 2013-08-12.