L'Anneau-Monde

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L'anneau monde

Titre
L'Anneau-Monde
Couverture
Couverture
Statut
Lu/Vu/Fait ()
Auteurs
  • Larry Niven
Éditeur
J'ai Lu
Date
ISBN
978-2-290-33916-9
buy
2013-08-06
Prix
6.90€
Original
(en) Ringworld, 1970
Note
3/5

Au coeur nocturne de Reykjavik, dans l'un des alvéoles d'une rangée de cabines publiques de transfert, Louis Wu surgit à la réalité.

Première phrase.
  • Prix Nebula 1970 du meilleur roman
  • Prix Hugo 1971 du meilleur roman
  • Prix Locus 1971 du meilleur roman

L'Anneau-Monde est considéré comme un classique de la science-fiction ; il n'est qu'à voir les prix qui lui ont été décernés pour s'en convaincre. Malheureusement, de part ce statut, c'est un roman qui m'a déçu car j'en attendais beaucoup plus. L'histoire peut être rapprochée de celle de Rama, la découverte et l'exploration d'un nouveau monde, sauf qu'ici l'exploration se fait à Mach 2 avec quelques escales de-ci de-là...

L'Anneau-Monde est donc un immense anneau artificiel représentant 1.6 millions de fois la superficie de la Terre, construit autour d'une étoile à plusieurs centaines d'années-lumières de l'espace connu et découvert par les Marionnettistes, une espèce extraterrestre à l'anatomie singulière (2 têtes et 3 pattes) caractérisée par sa propension à éviter tout ce qui pourrait représenter le plus petit danger. C'est pourtant un Marionnettiste, Nessus, qui est chargé de monter une expédition d'exploration de l'anneau. Il recrute pour cela Louis Wu, un humain de 200 ans quelque peu blasé en quête d'aventure et personnage principal du roman ; Parleur-Aux-Animaux, diplomate et représentant sur Terre de l'espèce des Kzitin, sorte de gros chats bipèdes qui furent en guerre avec les humains durant de nombreuses années, et Teela Brown, jeune humaine dont tous les ancêtres gagnèrent à la loterie reproductrice depuis qu'elle fût instaurée. Pour s'assurer de leur concours, Nessus promet de livrer aux humains et aux Kzitin le vaisseau avec lequel ils effectueront le voyage, équipé d'une toute nouvelle technologie qui permet de franchir rapidement de grandes distances ; technologie qui sera nécessaire dans les siècles qui viennent car un grand cataclysme se prépare dans la Galaxie, cataclysme qui nécessitera sans doute un exode massif que les Marionnettistes ont d'ailleurs déjà commencé ; d'où aussi cet expédition car l'anneau pourrait devenir le nouveau refuge des espèces vivantes de la Galaxie. Encore faut-il découvrir qui a fabriqué l'anneau, et pourquoi...

Voilà un contexte dés plus alléchant et, passé les premiers chapitres d'exposition (trop succincte), on espère s'embarquer dans une vaste aventure parsemée de mystères et de révélations. Malheureusement, hormis les quelques explications sur le fonctionnement de l'anneau on n'apprendra pas grand chose, ni sur la géographie ou l'écologie de l'anneau lui-même, ni sur les bâtisseurs dont la civilisation semble s'être effondrée. L'exploration se fera à vitesse grand V à bord d'engins volants et les 2-3 escales nous metteront en contact avec des populations retournées à la barbarie et aux superstitions religieuses ; le truc classique quoi. On attendait un vaste roman planète, on se retrouve avec une sorte de huis-clos interspécifique terne dont le lecteur ne perçoit que le point de vue de Louis Wu (je n'ai pas souvenir d'une seule scène dans le roman sans ce personnage). On rencontre bien quelques phénomènes curieux comme un ouragan provoqué par la fuite d'air dû à un trou dans la coque de l'anneau, des cités volantes abandonnées, mais pas beaucoup d'autres choses à se mettre sous la dent. On en apprend un peu sur les Marionnettistes, qui portent bien leur nom avec leur propension à s'immiscer dans l'évolution biologique et culturelle des Kzitin et des humains, sur l'étrange pouvoir de Teela Brown qui semble constamment attirer la chance sur elle, mais on s'ennuie ferme et on ne peut pas dire que la richesse psychologique des personnages compensent la monotonie du récit.

L'Anneau-Monde se laisse lire mais aucune scène ne reste vraiment en mémoire ; le glossaire en fin d'ouvrage en est presque plus intéressant que le récit lui-même, c'est dire. Ce roman est pour moi l'archétype de ses oeuvres où l'auteur a une idée géniale avec un potentiel pour raconter des dizaines d'histoires mais dont il ne sait fondamentalement pas quoi en faire.