De la pérennité des projets libres

Avis de gros temps sur Dotclear alors que le chef de projet jette l'éponge. L'équipe en place cherche donc à remotiver les troupes et à trouver une solution pour assurer l'avenir du CMS made in France.

Tout cela me rappelle furieusement un épisode survenu il y a… 8 ans.

On peut sans doute trouver plusieurs sources à la « crise » que traverse actuellement un gestionnaire de contenu comme Dotclear, l'une d'entre elles étant peut-être l'abandon progressif des blogs au profit de systèmes centralisés « clés-en-main » comme Face-de-bouc ou d'outils qui nécessitent moins d'investissement comme Twitter. Dans ces conditions, seuls les grosses machines type Wordpress, Drupal ou Spip peuvent espérer maintenir une poupulation de contributeurs suffisamment conséquente pour assurer la pérennité du projet. C'est en tout cas l'avis de certains spécialistes du commentaire, et on voit fleurir de-ci de-là des propos acerbes ou des détalages en rase campagne, ce qui a amené Kozlika, une dés figures historiques de la communauté Dotclear à twitter tout haut ce que beaucoup et dans différent contextes ont souvent pensé tout bas :

(moment pro de la comm) Quand je vois sur Twitter les motifs évoqués par les gens qui ont quitté DC, je me dis "bon débarras" :-P

Kozlika, Twitter, 2013-07-12

Je n'ai jamais utilisé de CMS pour mes projets perso, à part Spip en 2002 pour un site qui n'a jamais vu le jour et entre 2003 et 2006 lorsque je faisais parti de Framasoft, tout comme je ne me suis jamais reposé sur une librairie javascript pour faire du dev web (sauf dans le cadre professionnel). J'ai toujours écrit mes propres outils, en m'inspirant de ce qui existait déjà (inutile de réinventer la roue) comme les modules clearbricks d'Olivier Meunier (utiliser dans Dotclear) ou Jquery, Prototype, Yui et consorts pour le javascript, parce que c'est fun, parce que ça maintient l'esprit alerte (et les connaissances à jour quand le boulot professionnel se résume parfois à de la simple maintenance), et parce que c'est la meilleure manière d'avoir quelque chose de spécifiquement dédié à vos besoins. Les miens sont très simple : pouvoir stocker des données dans des fichiers plats et que je puisse donc les lire / modifier avec un simple éditeur de texte. Alors c'est parfois bancal parce que l'outil de publication est aussi un outil d'expérimentation - j'ai même eu envie d'abandonner pour utiliser… Dotclear :-) - mais on a au moins l'assurance de ne rien perdre (sauf quand on fait une connerie mais là, on ne peut s'en prendre qu'à soi-même !).

Dans le cas de Dotclear, il n'y a aucun risque pour les utilisateurs de perdre ce qu'ils ont fait / publié avec le logiciel. Pour reprendre l'exemple de Keynote cité plus haut, les spécifications du format de fichier publiées par son créateur m'ont permis de développer un outil pour récupérer mes données. Dans un projet libre qui utilise des technologies / formats standards (c'est le cas de Dotclear), rien ne se perd, ou pas grand chose. Parfois, effectivement, en tant qu'utilisateur, il faut se sortir les doigts du cul !

L'équipe de Dotclear est composé de gens suffisamment compétents et passionnés pour assurer les mois de transition qui s'annoncent, voire même trouver les ressources nécessaires pour poursuivre l'aventure.

C'est tout le mal qu'on leur souhaite.

FRANCK. La Vie, l'Univers et le Reste. Blog Dotclear,

KOZLIKA. Ensemble. Blog Dotclear,