Pourquoi je reste sous Firefox (que je ne passerai pas sur Google Chrome)

Avec un remarquable billet, Alexis Kauffman, président de Framasoft, vient d'illustrer une tendance que j'ai aussi constaté ces dernières semaines, à travers mes lectures ou par certains usages au niveau professionnel : la possible érosion des utilisateurs du navigateur web Firefox au profit de Google Chrome. Voilà donc pourquoi je resterai sous Firefox :

  • Parce que Firefox/Mozilla a permis l'évolution du web après des années de stagnation imposées par l'omni-présence d'Internet Explorer. Cette évolution n'a pas pour but de remplacer un monopole (Microsoft) par un autre (Google).
  • Parce que - même si Chrome est plus rapide, plus érgonomique, plus touça touça(1), Firefox et ses milliers d'extensions reste un outil multi-tâche incomparable, que se soit pour le développement web, la navigation, la structuration et le stockage de données, etc.
  • Parce que la fondation Mozilla cherche à rendre les utilisateurs maître des données qu'ils manipulent sur le réseau avec des outils comme Weave par exemple. Rien à voir avec la centralisation des dites données (en plus du reste - voir plus bas) sur un compte dans lequel l'hébergeur peut puiser des infos à volonté.
  • Parce qu'il y a le laboratoire ou le centre de développement, qui offrent là encore outils et documentation propres à rendre l'utilisateur à la fois maître de son comportement sur le web et mieux instruit de ce qui s'y passe.
  • Enfin, parce que le but de Mozilla n'est pas de faire du fric (s'ils en font, tant mieux) mais de produire un outil utile à ses utilisateurs et au web.

La question va plus loin que le simple fait d'utiliser Chrome : c'est Google Mail ; c'est Google Search ; c'est le prochain système d'exploitation Chrome OS qui, bien que basé sur linux, a une approche toute particulière de la notion d'ordinateur personnel. Voilà pourquoi - aussi - je resterai sous Firefox et que :

  • Après une fascination pour Gmail (qui est objectivement un très bon produit), j'ai décidé de limiter l'usage de mon compte en préférant une boîte hébérgée. Quand je ne peux pas faire autrement (voir ci-dessous), j'utilise Thunderbird 3.0 et le protocole imap.
  • J'essaye d'utiliser aussi souvent que possible d'autres moteurs de recherche : bing, yahoo search, Yauba, ixquick, etc. Je préfère d'ailleurs me tourner vers des moteurs de recherche spécialisés(2).

<anecdote>Au boulot, notre serveur mail exchange a laché après plusieurs années de bons et loyaux services. La direction a décidé de passer sous Google Mail et donc de créer un compte pour l'entreprise. Lors du processus de migration, j'en ai profité pour me pencher sur la configuration de mon compte perso. Quelle ne fût pas ma suprise de voir que la fonctionnalité historique était activée sans que je ne m'en soit jamais aperçu(3). Résultat : un archivage de certaines recherches datant de plus de 3 ans ! J'ai depuis désactivé la fonctionnalité.</anecdote>

Cette tendance, et d'autres de manière plus explicite, cherchent à définir l'internaute comme un consommateur / visionneur et non plus comme un utilisateur / acteur. J'y reviendrai plus tard (si j'ai le temps, comme d'habitude...).

KAUFFMAN, Alexis. Google Chrome m'a tuer ou le probable déclin de Firefox si nous n'y faisons rien. Framablog,