Web 2.0, quand tu nous tiens

Quelques citations piochées de-ci de-là à propos de cette obscure nébuleuse numérique qu'on a toujours pas compris c'que c'est : le « web 2.0 » (enfin, les marketeux, eux, savent comment l'utiliser).

D'abord sur le système des « folksonomies » tel que Technorati, leur succès et leur pertinence :

D'après les données d’un institut de mesure faisant autorité, le nombre d’internautes français utilisant chaque mois Technorati se monterait à quelques dizaines de milliers. Idem pour Digg.com ce qui m’étonne moins compte tenu de la jeunesse du service. Je ne vous donnerai pas le chiffre exact parce que précisément il est trop bas pour atteindre le minimum requis en terme de fiabilité statistique. J’avoue avoir été totalement surpris par ces données compte tenu de l’importance du buzz favorable qui a entouré Technorati depuis plus d’un an et alors qu’on estime à plusieurs millions le nombre des lecteurs de blogs.

Quelques dizaines de milliers de visiteurs par mois !

Alors ? Alors comment ne pas douter sérieusement de la popularité de ce service? le manque de lisibilité ou d’ergonomie est-il en cause? Ne surestimons-nous pas la patience des internautes face à des outils qui prolonge indéfiniment la recherche d’information? La pertinence de leurs résultats n’est-elle pas avant tout appréciée selon les critères d’une communauité restreinte d’utilisateurs? C’est un peu déjà le problème du social networking: on y voit de la démocratie alors qu’il s’agit surtout de l’opinion majoritaire de la communauté des utilisateurs les plus assidus, les plus actifs fussent-ils nombreux.

Emmanuel Parody, « Technorati, l'impact est-il réel ? », Ecosphère, 23 février 2006.

Ensuite, sur cette déferlante de « customization » des sites webs avec des gadgets qui deviennent vraiment chiants :

En fait, tous ces artifices que l'on voit de plus en plus dans ces sites web 3.5, me font penser aux jackys de l'univers de l'automobile : ils cherchent à en mettre plein la vue en modifiant leur voiture. Ils trouvent ça "fun" de personnaliser leur voiture, de rajouter plein de choses inutiles. Ils croient même bien faire. Et bien souvent même se croient dans un concours permanent dans le genre "à celui qui aura la plus grosse". Mais à force d'en rajouter, ça en devient ridicule, voire même dangereux à cause de modifications qui affaiblissent les systèmes de sécurité de la voiture.

C'est pareil avec tous ces "DOMeries" et "Ajaxeries" : c'est acceptable jusqu'à un certain point. Au delà, ça met en peril l'utilisabilité, l'ergonomie et l'accessibilité du site.

Laurent Jouanneau, « Halte à la jackyisation des sites web ! », JyBlog, 28 février 2006.