Arrêt du développement de Keynote

Triste nouvelle pour les utilisateurs de Keynote : Marek Jedlinski, son créateur, arrête le développement du logiciel.

En fait, ce n'est pas le seul Keynote qui est abandonné, Marek ayant décidé de fermer aussi tous ces autres projets : KookieJar (gestionnaire de signatures mails), Oubliette (gestionnaire de mots de passe), PhoneDeck (agenda téléphonique).

Le pourquoi de cet abandon est multiple, et bien des raisons sont sans doute éludées dans le dernier message posté sur le forum Tranglos. On y voit un Marek désolé d'en arriver là, un peu abattu de ne pas pouvoir poursuivre cette aventure. Au final, on se rend compte qu'il s'agissait là d'une masse de travail bénévole trop importante pour un seul homme, même s'il assure qu'il ne s'agit pas d'un manque de temps mais plutôt d'un « blocage intellectuel » (There is never enough time to do all one wants to do in life, but the reason for closing the site down now is that I have realized this is no longer about the time. It's about a block.).

J'ajouterai pour ma part une dernière cause, qui n'a peut-être eu aucune incidence sur la décision de Marek mais qui avait finit par m'exaspérer au plus haut point : les geignards qui venaient régulièrement sur le forum (et qui ont aussi fini par s'exprimer sur Framasoft) se plaindre que les mises à jour de Keynote se faisaient attendre ou qu'il manquait telle ou telle fonctionnalité. Alors qu'il offrait son temps et son savoir, qu'il mettait à la disposition de tous, en Open source et gratuitement des outils qui n'avaient (n'ont) rien à envier à leurs équivalents propriétaires et payant, certains trouvaient encore le moyen « d'exiger » de Marek un Keynote 2.0, une version Palm Pocket ou une option quelconque pour satisfaire leurs mesquins besoins personnels.

De nombreux projets Open source ont disparus de cette manière, mais Keynote, de par sa pertinence et son utilité, aurait mérité une autre fin. Ce qui amène au final deux types de réflexions :

  1. un projet libre nécessitera toujours, soit une communauté de développeurs conséquente, soit l'aide d'une entreprise. Dans tous les cas, l'assise financière doit être assurée d'une manière ou d'une autre. Il est fini le temps (s'il a jamais existé) où « the next big thing » pouvait se contenter pour survivre d'amour (du code) et d'eau fraîche.
  2. La « culture » du logiciel libre n'a sans doute pas encore imprégné l'esprit de la majorité des internautes. Notre bien-aimé président de Framasoft utilise souvent l'expression « utilisacteur », et c'est bien de cela qu'il s'agit : l'utilisateur d'un logiciel libre se doit de participer à la pérennité du produit en écrivant des tutoriels, en rapportant des bugs, en traduisant des interfaces, en participant plus activement à l'écriture du code, en faisant un don, etc. ; en gros, donner un peu de son temps et/ou de son argent. S'il n'est pas capable de faire cela, on n'a pas à exiger plus que ce qui est raisonnablement réalisable par un seul homme !

J'aurai aimé pour ma part faire plus que les quelques textes et bidouilles produites de-ci de-là. Je n'ai malheureusement jamais eu ni l'opportunité ni les moyens de me former à la programmation Delphi.

Dziekuja i powodzenia Marek (well, more or less : hope it's not dirty words ;-)