Merdiasse médiatique, épisode 4456

Dans nos grands médias audiovisuels, l'interview politique d'un représentant d'une gauche syndicale ou politique [1] un tant soit peu combative est un exercice d'une confondante uniformité, prenant le plus souvent la forme d'une joute oratoire entre le journaliste et son invité [2]. Une joute à armes inégales, non pas simplement en raison de l'hostilité plus ou moins franche des tenanciers des plateaux, mais avant tout par la force de contrainte des dispositifs des émissions, dont les enchaînements ininterrompus de questions et de nouvelles thématiques ne permettent jamais qu'on approfondisse un sujet ou qu'on s'arrête sur une réponse, quand l'invité réussit seulement à en donner une sans être coupé.

(...)

Il aurait aussi bien pu s'agir de Ruth Elkrief, Olivier Galzi, Arnaud Leparmentier ou Yves Calvi [6] ; cela aurait aussi bien pu se produire sur RTL, France 2, Europe 1 ou BFM TV ; l'invité aurait aussi bien pu se nommer Philippe Poutou, Jean-Luc Mélenchon, Philippe Martinez, ou même Benoît Hamon (quand il représentait encore un relatif « danger de gauche » à l'occasion de la primaire socialiste). Si cette « interview » politique est remarquable, ce n'est pas pour son originalité, mais au contraire pour la parfaite banalité de ses procédés, allant de coupures intempestives en sous-entendus chercheurs de « petites phrases », le tout en prétendant « poser des questions », énumérées de telle sorte qu'aucune réponse ne puisse y être apportée calmement.

Titre
De l'art de saboter une interview politique
Auteurs
  • Florent MICHAUX
Editeur
Acrimed
Date

Il n'y a plus de doutes à avoir : ces médias-là sont l'ennemi !