La bonne manière de tondre

« Cette France de la foule n’est pas la France du peuple : le peuple, qu’elle prétend incarner, est pris en otage par elle. Un peu comme, sous la Commune, l’immense majorité des Parisiens était prise en otage par la folie rouge. […] Soyez ferme. » C’est en ces mots qu’un écrivassier de télévision, un certain Moix, exhorta il y a peu celui que Le Point dépeint en « leader du monde libre » — ce « dieu ailé », dixit cette fois Le Figaro, désormais connu pour avoir « affronté le monde », « étonné le monde » et « révolutionné le monde1 » —, on aura reconnu Macron, à mater les « huées ». La République d’alors n’eut, en effet, « point peur de la rue » : environ 20 000 morts en l’espace d’une semaine, le restant mis aux fers ou déporté. Nous publions ces quelques pages de Gustave Lefrançais, instituteur exilé à Genève pour avoir pris fait et cause pour le soulèvement de 1871 — libertaire, c’est à lui que l’auteur de L’Internationale dédia ces vers avant qu’ils ne devinssent l’hymne que l’on sait. Et Lefrançais de le rappeler : la ligne de fracture n’est pas tant entre républicains et monarchistes qu’entre ceux qui, en bas, vendent leur force de travail pour vivre et ceux « de tous poils et de toutes couleurs » qui, au sommet, emploient, encaissent et manœuvrent.

Titre
La Commune ou la caste — par Gustave Lefrançais
Editeur
Ballast
Date

Entre républicains et monarchistes il n’existe de sérieuse dissidence que sur les moyens de tondre le troupeau… ce dernier n’étant jamais bon qu’à être tondu.