Peur sur les internets

Au commencement des internets (ou presque), il y eut la déclaration d’indépendance du cyberespace. Et le 7ème jour le dieu des internets créa les lolcats. Tout cela prospéra et tout cela fut juste et bon. Puis vinrent les plateformes, puis les jardins fermés. Puis les débats sur la bulle de filtre. (...) Mais cette hypothèse optimiste ne vaut qu’à la condition que chacun apporte sa pierre à l’édifice : * que les enseignants comprennent et maîtrisent ces enjeux pour être capables de les transmettre, * que la classe politique accepte de sortir de la vision caricaturale dans laquelle elle englobe depuis 25 ans un écosystème qu’elle ne comprend pas et qu’elle est incapable de questionner autrement qu’au travers d’une gribouille de régulation(s), de sanction(s) ou de condamnations morales, * et que chaque citoyen prenne conscience du poids qu’il peut jouer pour contribuer à dégoogliser ou à défacebookiser les internets. * Last but not least, elle dépendra aussi de la capacité des ingénieurs à se saisir de ces enjeux, à mesurer leur responsabilité (« code is law »), et à bâtir des systèmes ouverts proposant un cadre attentionnel différent, pour que des millions d’heures ne soient plus volées à la vie des gens. Un bien beau projet de société.

Titre
Peur (incertitude et doute) sur les internets
Auteurs
  • Olivier ERTZSCHEID
Editeur
Affordance.info
Date