Fedora 18 et Ubuntu 12.10

Petit topo (avec un peu de retard) sur l'installation de Fedora 18 et Ubuntu Gnome 12.10.

Introduction

L'idée de départ était simple : j'avais quitté Ubuntu pour Fedora suite aux choix stratégiques de Canonical de privilégier leur environnement graphique Unity à celui de Gnome ; Puis est apparu une version d'Ubuntu utilisant gnome-shell par défaut, Ubuntu Gnome. J'avais donc une opportunité unique de tester / utiliser les deux distributions, Ubuntu Gnome 12.10 sur mon portable et Fedora 18 sur mon PC, et ainsi évaluer le plus tranquillement du monde les avantages et inconvénients de chacune d'entre elles, pour enfin me décider.

Tout était planifié aux petits oignons : Ubuntu 12.10 sortant fin octobre, Fedora 18 début novembre, un week-end d'installation se profilait aux alentours du 10 novembre. Sauf que… la sortie de Fedora a pris énormément de retard, à cause essentiellement de la nouvelle version de l'installeur Anaconda ; la version finale était alors repoussée à janvier 2013 ! Alors, et parce que j'avais très envie de tester les nouvelles fonctionnalités de Gnome 3.6, j'ai décidé de mener le test avec la première version beta de Fedora, sortie le 27 novembre.

Mais ça, c'était au pays des bisounours, car tout ne s'est pas passé comme je l'espérais...

Installation su système

Ubuntu 12.10

L'installation d'Ubuntu Gnome 12.10 s'est déroulé de manière très fluide et extraordinairement rapide : à peine 10 minutes, avec une image iso gravée sur une clé usb à l'aide de LinuxLive USB Creator. Bon, faut dire que la distribution n'embarque pas grand chose mais, comme je l'a déjà dis, certains choix sont plutôt judicieux. Limpidité, simplicité ; il n'y a rien de plus à dire… Oui, Ubuntu a sans doute beaucoup de défauts mais quand il s'agit de l'installer, curieusement, je n'ai jamais eu aucun problème !

Fedora 18 beta

Côté Fedora 18, l'installation fût une catastrophe ! Le premier essai (lancement de l'image iso dans une machine virtuelle via virtual box) s'est passé sans encombre. C'est une fois l'image iso gravée sur une clé usb à l'aide de LiLi USB creator que les choses se sont compliquées : impossible de me loguer avec la session liveuser. J'aurai dû me souvenir d'avoir eu le même type de problème avec la Fedora 15. Solution : graver l'image sur une clé usb avec Unetbootin.

La nouvelle ergonomie de l'installeur Anaconda fût très perturbante, même pour quelqu'un qui a l'habitude d'installer des distributions linux depuis près de 10 ans. Le plus génant est la manière de manipuler / définir les partitions sur lesquels le système sera monté. Est-ce que les designers trouvent vraiment cette nouvelle présentation plus intuitive ?! J'ai passé de longues minutes à définir l'usage de partitions existantes, surtout parce que j'avais peur de détruire la partition home contenant mes données (dont j'avais fais une sauvegarde, cela va sans dire, mais on préfère toujours ne pas avoir à tout réinstaller).

Autre grosse tuile en cours d'installation : la définition du mot de passe administrateur. Avec la version live CD, un seul modèle de clavier est fournit : anglais américain ; ce qui fait que lorsqu'on vous demande de définir le mot de passe administrateur, c'est ce clavier qui est activé, quand bien même vous ayez choisi un clavier français lors de la configuration. Après le premier login, quand vous essayez d'ouvrir une session root dans une console, donc avec un clavier français, c'est le drame : le mot de passe n'est pas reconnu ; et allez retrouver la bonne série de touches corrsepondant au clavier anglais, surtout si vou avez utilisez des touches spéciales comme alt, ctrl ou altGr… Résultat : obliger de renouveller l'installation, de choisir un mot de passe administrateur à la con, du genre « eeeeeeee », puis de changer ce mot de passe une fois l'installation terminée grâce à la commande passwd.

J'ai tellement galéré à installer Fedora que pendant un jour ou deux, j'ai eu envie d'abandonner mon expérience et d'installer uniquement Ubuntu 12.10 sur mes deux machines !

A noter le seul point positif de l'installation (qui existe depuis quelques versions déjà) : lorsque l'on créé le compte utilisateur principal, une case à cocher permet de l'ajouter au groupe adminitsrateur de la machine si bien que l'on peut utiliser la commande sudo.

Conclusion

L'étape d'installation est sans contest à l'avantage d'Ubuntu. Même au niveau graphique : l'interface du grub est mille fois meilleure sous Ubuntu ; celle de Fedora ressemble à un vieux truc du début des années 90 !

Installation des programmes de base

Deuxième étape : installer les programmes de bases pour intenet, la bureautique, etc.

Ubuntu 12.10

Pour mettre à jour le système, on préférera Synaptic au gestionnaire de logiciels de Gnome. Une fois installé, on déclare le dépôt ppa de la gnome-team pour avoir véritablement une expérience Gnome 3.6 : Ubuntu a en effet décidé de ne pas tout inclure de cette version de l'environnement graphique ; c'est notamment le cas de Nautilus, resté à sa version 3.4. Une fois le dépôt déclaré, on lance une mise à jour du système.

Les logiciels fournis sont légers mais déjà bien utiles, avec Abiword (2.9.2) et Gnumeric (1.10.17) pour la bureautique de base, des utilitaires comme gnome-tweak-tool et dconf-editor isntallés par défaut. Par ailleurs, quand on installe Firefox et Thunderbird, les paquetages annexes firefox-globalmenu et thudenrbird-globalmenu sont aussi installés ; ils ne servent que dans Unity et peuvent être supprimés.

Fedora 18 beta

Avec la Fedora 18, on a véritablement une expérience Gnome 3.6 dés le départ (3.6.2 pour être plus précis) ; inutile donc de déclarer une dépôt supplémentaire. Par contre, pour gérer certains formats propriétaires comme le mp3, il faut ajouter les dépôts rpmfusion.

Si le live CD d'Ubuntu 12.10 est léger, l'installation de Fedora l'est encore plus ; c'est simple : il n'y a rien à part Firefox. On installe donc Thunderbird et, pour faire bonne mesure, Abiword (disponible uniquement en 2.8.6) et Gnumeric (1.11.90), ainsi que gnome-tweak-tool et dconf-editor (je ne comprend toujours pas pourquoi ils ne sont pas présents par défaut). On est aussi obligé d'installer simple-scan ainsi que enchant-aspell et aspell-fr.

Conclusion

Là encore, on peut dire que Ubuntu Gnome 12.10 « out of the box » est meilleur que fedora 18 beta, y compris pour les « power users », avec l'installation par défaut d'outils de configuration comme gnome-tweak-tool.

Il ne reste plus ensuite qu'à appliquer les innombrables petites touches de configuration dont il faudra un jour que j'en fasse une liste et se lancer dans l'installation des logiciels.

Remarques supplémentaires

  • Installer alacarte pour modifier / ajouter les lanceurs d'applications.
  • Il n'y a pas de paquetage bzr-gtk sous Fedora, il faut donc installer les sources.
  • Le manuel PHP empaqueté dans Ubuntu ou Fedora est proprement illisible simplement par le fait que les feuilles de styles ne sont pas appliquées.
  • Sous Fedora, Rhythmbox souffre d'un bug très pénible en mode lecture en boucle et aléatoire : la lecture plante au bout de 3-4 morceaux ; cela n'arrive pas sous Ubuntu.
  • Contrairement à ce que j'ai pu dire, il est possible de lancer 2 applications l'une à la suite de l'autre à partir du dash. Pour cela, il ne faut pas cliquer sur l'icone du programme à lancer mais faire un glisser-déposer du dash vers la zone des fenêtres.
  • La vue en icône de Nautilus est proprement merdique : auparavant, il y avait une option « compact » qui permettait de diminuer l'espace entre les icônes ; elle a été supprimé, sois-disant pour simplifier les options. Résultat : d'énormes zones vides dans la fenêtre et obliger de scroller sans cesse !
  • Beaucoup de fenêtres d'applications (Firefox, Gedit) s'ouvrent toujours maximisées, peu importe les dimensions qu'elles avaient à la fermeture précédente ; Et c'est très très chiant ! En fait, on peut empêcher ce comportement si on réduit suffisamment la taille de la fenêtre avant de la fermer mais c'est encore plus chiant. Ne serait-il pas possible, je ne sais pas moi, un truc de ouf peut-être, qu'une fenêtre s'ouvre avec les dimensions qu'elle avait lors de sa précédente ouverture ; vous savez, un truc de dingue quoi...
  • Toujours aucune putains de ressources potables pour développer ces propres extensions gnome-shell en javascript ou ces thèmes gnome-shell / gtk 3 en CSS. Pas des tutos à la con type « hello world » mais les specs des APIs disponibles, des specs qui décrivent ce que recouvre les identifiants et les classes utilisables dans les fichiers css ! Là encore, un truc de dingue quoi...
  • Le thème GTK par défaut (adwaita) a fait pas mal de progrès si bien que je n'éprouve plus le besoin d'en prendre un autre. Le thème gnome-shell est lui encore un peu trop simplet ; On peut aller chercher du côté des thèmes Zuki*. On peut aussi installer le thème adwaita pour Firefox et Thunderbird.

Conclusion générale

Si on refère à ce que je dis plus haut, on pourrait penser que Ubuntu 12.10 est bien meilleure que Fedora 18, du moins en ce qui concerne le processus d'installation et de « mise en production ». Ce n'est pas forcément faux ; à noter tout de même que j'ai installé la Fedora sur mon pc et Ubuntu sur mon portable, et que je passe 10 fois plus de temps sur le premier que sur le second. Ma migration n'est donc pas remis en cause.

Reste que Fedora est tout de même un peu frustrante ; il ne faudrait pas grand chose pour qu'elle devienne véritablement LA distribution linux pour ceux qui comme moi s'inquiètent du chemin à la Apple emprunté par Ubuntu. Même remarque pour Gnome 3. Espérons que Fedora 19 et Gnome 3.8 sauront franchir cette dernière étape, sinon...